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Portrait
L’hommage de la Soule à l’historien Jean de Jaurgain pour son centenaire
L’hommage de la Soule à l’historien Jean de Jaurgain pour son centenaire

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L’hommage de la Soule à l’historien Jean de Jaurgain pour son centenaire

Une exposition d’ouvrages de Jean de Jaurgain à la médiathèque de Mauléon (vernissage ce vendredi 2 octobre à 18h,) des conférences et une visite guidée constitueront l’hommage rendu à l’historien Jean de Jaurgain, manifestation qui correspond au centenaire de sa disparition à Ciboure le 17 mars 1920. Mais c’est en Soule, à Ossas qu’il était né le 16 novembre 1842. N’ayant pas de descendance et ne voulant pas que son nom s'éteigne, il avait adopté dans ce but précis un autre Souletin auquel le liait une très forte amitié, malgré leurs 28 ans de différence d'âge : il s’agissait de Renaud d'Elissagaray, lui-même homme de très forte personnalité : journaliste politique à la plume féroce - ce qui lui avait valu onze duels d'où il sortit toujours vainqueur , il dirigea la revue « Euscalduna » dans les années 1900. J’avais bien connu son petit-fils Renaud d'Elissagaray de Jaurgain à qui j’emprunte les quelques éléments de biographie qui suivent, à partir d’un exposé présenté lors d'un colloque consacré à Arnauld Oihenart, le grand juriste et historien des XVIème/XVIIème siècles qui avait précédé Jaurgain.

Jean Baptiste Eugène de Jaurgain était issu d'une vieille famille de bonne noblesse souletine, « cette noblesse qui d'ailleurs était toujours restée très près de la terre et avait vécu en général sur un pied assez modeste ». Et de citer comme premier ascendant connu des Jaurgain Renaud Xans, marié en 1395.

Quant à Hubert Lamant-Duhart, dans son « Armorial du Pays Basque ou Recueil des notices et armoiries des maisons, familles, villes et communautés de Basse-Navarre, Labourd et Soule, etc. », il cite un Gratian, seigneur de Jaurgain, qui avait assisté en 1520 à la proclamation de la coutume de Soule, et dont la fille, héritière du nom, avait épousé en 1584 Charles, baron de Luxe, d’Ostabat et Lantabat, chef du parti catholique contre la reine de Navarre Jeanne d’Albret… Le nom de Jaurgain passa d’ailleurs plusieurs fois par les femmes, jusqu’à l’historien !

Le nom Jaurgain, dérivant de «gaineko jauregia» d'aprés Ph. Oyamburu, renvoie en effet à un château (en réalité une belle maison noble) un peu sur la hauteur, au milieu d'Ossas. Ce fut, rapporte Renaud d'Elissagaray, un véritable drame dans la vie de J. de Jaurgain, comme pour tout Souletin en pareil cas, lorsqu’en proie à un manque chronique de ressources, il ne put éviter de vendre cette maison familiale à une famille d'agriculteurs d'Ossas. On peut noter qu'il était pourtant si attaché à ses origines qu'iI signait ses premières œuvres «Jean de Jaurgain d'Ossas»...

Jaurgain avait eu une vocation d'historien, et d'historien régional, dès son adolescence en poursuivant des études avec l'abbé Larramendy, curé de Garris.
Mais l'histoire ne faisait pas vivre son homme, la fortune familiale était plus que limitée, et pour subsister - assez mal car il tira vraiment le diable par la queue toute sa vie durant -, il lui fallut être journaliste, et surtout généalogiste.

C'était un spécialiste de la généalogie et de l'héraldique de très haut niveau, dont la bibliothèque contient tout ce qui existait à l’époque dans ce domaine . Cela lui permettait d'obtenir des commandes de certaines grandes familles qui désiraient une rédaction impeccable et tout à fait complète de leur généalogie, ou de familles de noblesse plus moyenne qui estimaient avoir besoin de «preuves» indiscutables de cette noblesse. On lui commandait aussi souvent la création ou la vérification de blasons. Ce qui explique la part relativement importante dans son œuvre de cette branche un peu particulière de l'Histoire qu'est la généalogie.

Et à propos d'héraldique, Renaud d'Elissagaray précise que « J. de Jaurgain fut le créateur de l'écusson bien connu du Pays Basque, par la réunion des blasons des sept provinces – à en croire l'ouvrage de Jean Meurgey (1918) intitulé justement « Les armoiries du Pays Basque » -, cela à la demande du maire de Saint-Jean-de-Luz A. Goyeneche, pour les fêtes de la Tradition Basque en 1897.

Au plan du journalisme, Jaurgain fut gérant de 1886 à 1887 de la Revue des Basses Pyrénées et des Landes (revue soeur de la Revue historique du Béarn, Pays Basque et Lannes). Vers 1904-1905, il fut également codirecteur de la Revue du Béarn et du Pays Basque et collabora de façon plus ponctuelle à un grand nombre d'autres revues régionales, en particulier à la Revue Internationale d'Etudes Basques. Et les livres qu’il publia furent nombreux...

Programme :

Jusqu'au 31 octobre : exposition « Jaurgain et son œuvre » à la médiathèque avec des documents originaux prêtés par la famille.
Vendredi 2 octobre à 18h : inauguration et conférence de Robert Elissondo (Ikerzaleak) : « Jean de Jaurgain historien basque (1842-1920) : sa vie, son œuvre, ses archives » suivies d’un verre convivial.
Samedi 3 octobre à 15h : visite guidée de la ville par Joël Larroque des Amis du château, avec des lectures de l’œuvre de Jean de Jaurgain, départ de Maule Baitha.
Samedi 17 octobre à 10h : « Jean de Jaurgain, l’historien incertain », conférence en basque d’Allande Etxart dans le cadre de Sü Azia.
Samedi 31 octobre à 10h : « Jean de Jaurgain et la Vasconie », conférence en basque de Jean-Louis Davant (membre d'Euskaltzaindia, académie de la langue basque) (masques obligatoires).

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La Vasconie ©
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Trois Mousquetaires ©
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La Revue Internationale des Etudes Basques ©
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