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Tradition
Le feu de la Torrèle de Capbreton © DR - Le feu de la torrèle de Capbreton

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Le feu de la Torrèle de Capbreton

Parmi les coutumes de fin d’année dans notre région, il convient de rappeler le feu de la Torrèle de Capbreton (« Torrèla de Cap Berton », en gascon) qui est un grand bûcher allumé la nuit de Noël et qui s’inscrit dans la tradition des feux de Noël ou « halhes de Nadau » pratiqués également en Chalosse et jusqu’en Bazadais. Selon les usages gascons, une fois le feu allumé, parents et enfants faisaient le tour de leurs champs, en récitant des incantations pour protéger leurs futures récoltes. Un dicton accompagnait ce rituel : 
Halha Nadau, (feu de Noël) 
Lo pòrc a la sau, (le porc au sel) 
La pola au toupin, (la poule au pot) 
Coratge vesin ! (courage voisin !) 
Halha Nadau, (feu de Noël) 
La tripa au pau, (Le boudin sur le pieu,) 
Lo gat au hum (Le chat dans la fumée,) 
Pum ! (Pum !) 
Car, en cette nuit de Noël réputée être infestée de sorciers, la référence au chat renvoyait au loup-garou, et le rôle protecteur de la de la fumée permettait de vérifier s’il s’agissait d’un chat ou d’un sorcier. Et l’exclamation finale « Pum ! », elle était censée éloigner les sorciers. 
Quant à l’embrasement de la Torrèle, ce bûcher en forme de tour inscrit à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France, il se déroule actuellement face à la mairie, sur la place Saint-Nicolas, patron de Capbreton, en étant suivie d’un vin chaud et d’un chocolat.  
Depuis quelques années, le maire confie l’embrasement du bûcher à une figure locale que la municipalité souhaite honorer.  
Cette pratique très ancienne provient d’une légende locale, sorte de commémoration d’un acte de résistance des villageois face aux Normands/Vikings qui faisaient régner la terreur dans toutes les villes de la côte Atlantique (ils sont réputés avoir décapité saint Léon, premier évêque de Bayonne). Pendant une nuit de Noël, les voiles ennemies furent aperçues au large. Les villageois refusèrent de céder à la panique et décidèrent de résister aux envahisseurs. Ils apportèrent tout le bois qu'ils purent trouver et allumèrent face à l'océan un grand bûcher dont les flammes éclairaient les dunes alentour. Les villageois défilèrent ensuite toute la nuit entre le feu et les assaillants. Le va-et-vient incessant des ombres projetées impressionna l'ennemi qui crut trouver au village une résistance farouche. Les Normands renoncèrent finalement à attaquer 
Capbreton et les villageois décidèrent de commémorer leur victoire. 
Le bûcher est formé de troncs d’arbres agencés en forme de cheminée d’une hauteur d’environ 3 
mètres, de telle façon à ce qu’il brûle toute la nuit et s’écroule vers l’intérieur. C’est aujourd’hui 
l’œuvre des services municipaux alors qu’autrefois les bouviers se chargeaient de cette tâche avec 
leurs bœufs chamarrés pour la fête. La tour est composée de bois mort, de bois en stock à la mairie et de troncs sélectionnés et coupés par les agents sur une parcelle forestière de la mairie : choisis en fonction de leur forme et de leur diamètre (longs, droits et assez épais). 
Deux hypothèses sont avancées quant à la signification du mot « torrèle ». La première, la plus 
vraisemblable associe, du fait de son architecture, à une petite tour : une tourelle. La seconde 
suggère que le terme serait issu du verbe « torrar », signifiant geler  en gascon (comme souvent la nuit de Noël). La première est néanmoins la plus vraisemblable, la torrèle étant érigée dans le passé au pied de l’ancienne tour carrée, c’est-à-dire à peu près au même endroit qu’aujourd’hui. 
 

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