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Tradition
En attendant Noël, l’Avent
En attendant Noël, l’Avent
© DR – Le marché de Noël de Feldkirch en Autriche

| François-Xavier Esponde

En attendant Noël, l’Avent

1 – Préparation de Noël.
Nous voici dans l’attente de noël durant le mois de décembre, sachant qu’à l’origine on parlait du temps de « la parousie » promis aux croyants, nommé Advent jusqu’au XVème siècle, puis devenu Avent, pour nommer le temps précédant la fête liturgique de Noël. Il faudra attendre le IVème siècle pour voir apparaître la fête de Noël. Bernard le moine rappelle les trois temps de la venue du Christ pour les chrétiens. D’abord « dans la chair et la faiblesse humaine, puis d’en l’entre deux, de l’homme et de Dieu, en esprit et en puissance, enfin dans la gloire et la majesté divine ».
Dans la veine juive de l’attente messianique, l’espérance de cet avènement est rapporté par de grands prophètes. Il est Prince de la Paix, selon Isaïe, agneau de Dieu selon Jean le Baptiste, ou le précurseur…Paul le rabbin - devenu chrétien - invite à « la veille spirituelle dans le temps de Dieu et celui des hommes qui se préparent à accueillir ce Dieu qui nous sauve ». Il y a enfin pour chacun l’espérance de la fin des temps, « veillez car vous ne savez pas quel jour votre seigneur vient », chez Matthieu au chapitre 24. Dans les premiers siècles, le jeûne et la pénitence étaient recommandés et au Vème siècle, on jeûne en France trois fois par semaine, entre la fête de Saint Martin le 11 novembre et Noël.
Le pape Grégoire le Grand réduisit ce temps de pénitence. Si les catholiques lèvent des interdits, les orthodoxes parlent du « carême de l’avent » et se privent de viande pendant ce carême (particulièrement le patriarcat de Moscou, ndlr.).
Pour les catholiques et les protestants, la préparation de noël se déroule durant quatre semaines alors que chez les Chrétiens d’Orient, l’Avent dure six semaines.Coptes, éthiopiens, et syriaques célèbrent en nombre et dans la joie de leurs familles la Nativité à Bethléem (cette année, les autorités israéliennes n’ont pas délivré d’autorisation aux chrétiens de Palestine ni des « territoires occupés », ndlr.), jusqu’aux musulmans qui considèrent le Sauveur comme le grand prophète biblique.
Noël viendra pour les orthodoxes, les éthiopiens, les syriaques et les coptes, le 7 janvier 2020, pour les arméniens ce sera le 18 janvier 2020, selon les calendriers julien ou grégorien des traditions religieuses toujours suivies par les églises chrétiennes. Juif de naissance pour les uns, palestinien pour d’autres, universel pour le plus grand nombre, Jésus sera reconnu et fêté par les trois confessions abrahamiques dans ce temps de passage de l’année en cours.
A Bethléem, on ne lésinera pas sur l’historicité de cette naissance !Dans une vêture liturgique violette - cependant des variables existent selon les célébrations en cours telles lors de l’accueil des catéchumènes -, « Notre seigneur Jésus Christ viendra du ciel », dit Cyrille de Jérusalem, « Il viendra vers la fin de ce monde, avec gloire au dernier jour ».
Car la fin du monde arrivera et ce monde créé sera renouvelé. Au troisième dimanche de l’avent, on se vêtira de rose, pour le jour désigné de la joie car le Seigneur est désormais proche.
2 - Début de l’année liturgique.
Pour les catholiques et les protestants, c’est le début d’une nouvelle année liturgique, chez les orthodoxes c’est au premier septembre, une date héritée de la tradition juive du mois de Tishri. Dans les premiers siècles, le 24 décembre commençait la nouvelle année liturgique, jusqu’au VIIIème siècle où s’est imposée par l’Avent cette nouvelle année chez les fidèles.
Il est des traditions telles « les fenêtres de l’avent » qui s’ouvrent vers ce jour nouveau, selon un usage protestant implanté au XIXème siècle. Chaque enfant recevait une image pieuse pour le conduire sur le chemin de Noël.
Une expression contenue par la confection des crèches depuis François d’Assise, et ces santons venus des coutumes médiévales de confréries et de sociétés pieuses qui figurent sur ce paysage religieux et profane de Noël.
Plusieurs régions de la vieille Europe continuent d’accrocher la « couronne de l’Avent » au linteau de la maison, souvenir de la memorah juive. La venue de la lumière incarnée en Jésus - l’enfant roi - illumine de faisceaux multiples cette crèche vivante revisitée par des éclairages plus contemporains. Au coeur de la nuit de décembre, les effusions de lampes et de lâcher de lanternes comme à Bayonne plusieurs fois en ce mois de décembre, perpétuent ces vieilles croyances du contraste de la nuit et de la lumière, du jour et des ténèbres, de la fin proche de l’hiver et du retour à des journée plus lumineuses et réjouissent les badauds qui se rassemblent par milliers au coucher du jour pour vivre cet instant magique, de l’après de la nuit !

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