0
Critique musicale
Biarritz Piano Festival : grâce, finesse et élégance au concert Thomas Enhco - Vassilena Serafimova
Biarritz Piano Festival : grâce, finesse et élégance au concert Thomas Enhco - Vassilena Serafimova

| Michel d'Arcangues 691 mots

Biarritz Piano Festival : grâce, finesse et élégance au concert Thomas Enhco - Vassilena Serafimova

zMusique HAUT1 Thomas Enhco piano.jpg
Thomas Enhco, piano ©
zMusique HAUT1 Thomas Enhco piano.jpg
zMusique Haut2 Vassilena Serafimova marumba.jpg
Vassilena Serafimova, marimba ©
zMusique Haut2 Vassilena Serafimova marumba.jpg

Le Biarritz Piano Festival organisé par Thomes Valverde avait programmé le 23 juillet à la Gare du Midi un étonnant récital de deux brillants musiciens, Thomas Enhco au piano et Vassilena Serafimova au marimba sous le titre « Bach Mirror », variations autour de thèmes bien connus du cantor de Leipzig, qui est certainement le compositeur classique le plus universel et le plus adapté ou arrangé par différents styles de musiques et de musiciens à travers le monde

La combinaison piano marimba est assez rare, et tout à fait surprenante et intéressante dans le contexte classique-Jazz.

Le marimba est un instrument de percussion à lames de bois et résonateurs d’origine africaine que l’on frappe avec des maillets, comme le xylophone ou le vibraphone.
Il a sans doute été importé en Amérique Latine par des esclaves africains, il est très populaire en Amérique Latine, notamment au Mexique, Guatemala, Amérique Centrale, Colombie, Pérou et Venezuela, essentiellement pour de la musique folklorique. 
Il a peu été utilisé dans la musique classique et dans le Jazz.

Vassilena Serafimova est d’origine bulgare, elle a grandi dans une famille de musiciens et a pris des cours de percussions avec son père.
Arrivée en France en 2005, elle s’inscrit au CNR de Versailles et au CNSM de Paris puis à la Julliard School de New York, ville dans laquelle elle fait ses débuts.

Thomas Enhco est né dans une illustre famille de musiciens : il est le petit-fils du chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus et le fils de la soprano Caroline Casadesus. Enfant prodige, il donne ses premiers concerts à l’âge de six ans et intègre à l’âge de douze ans le Centre des Musiques Didier Lockwood et en 2005 le Conservatoire de Paris où il poursuit son apprentissage dans la musique classique et le Jazz. 

Il était donc assez naturel que les deux musiciens présentent un récital qui pivote autour de ces deux traditions : la rigueur académique de la musique classique écrite et la liberté d’improvisation et la pulsion rythmique du Jazz – les deux styles ont souvent fait bon ménage avec notamment le courant « Third Stream » qui s’efforçait de faire le pont entre les deux traditions européennes et américaines. 

C’est donc autour de l’œuvre gigantesque du génial compositeur allemand que nos deux protagonistes vont naviguer avec un mélange très réussi de liberté, de fantaisie et de rigueur, 13 « adaptations » ou transcriptions de thèmes bien connus de Jean Sébastien Bach ainsi que des compositions originales des deux musiciens.

« Miroirs », la première composition de Vassilena Serafimova inspirée de la Sonate en ut pour orgue de Bach, est une entreée en matière époustouflante, son jeu à quatre maillets d’une incroyable vélocité est tout simplement saisissant, avec ses figures répétées en ostinato virevoltantes d’un bout à l’aute du marimba.

« Fire Dance » de Thomas Enhco s’inspire du célèbre choral « Jesus que ma joie demeure » avec une mesure à cinq temps. 

« Vortex », inpiré de la Partita pour violon en si mineur, « Chaconne » de la Partita pour violon n°2, « Silence » qui tire son inspiration de la Suite pour violoncelle seul, « Reflets » et « Avalanche » du « Clavier Bien Tempéré », sont des compositions du duo qui s’appuient sur des thèmes bien connus de Bach, en les adaptant, les travaillant, les explorant, les sublimant avec une extraordinaire virtuosité et une remarquable musicalité qui laissent pantois et qui donnent la chair de poule !

Car les deux musiciens vous prennent à la gorge dès le début du récital et ne vous laissent pas une minute de répit, alternant les pièces rapides et les tempi plus lents, avec sur un morceau une surprise à la John Cage avec l’introduction de pièces de différentes matières dans les cordes du piano et entre les lames en bois du marimba pour des sonorités étonnantes qui rappellent les expériences sonores novatrices sur piano préparé du compositeur d’avant garde américain. 

Le concert se déroule avec grâce, finesse et élégance, toujours surprenant, toujours haletant, toujours captivant, d’une grande musicalité, avec une alternance de moments de douce méditation et de grande intensité, de liberté, de virtuosité et de rigueur, qui font toute la force de cet étonnant et éclatant duo. 

Disques : 
- Funambule. Deutsche Gramophon. 2016.
- Bach Mirror. 2019.

Répondre à () :


Captcha

Newsletter

Ne ratez aucune actualité !

Abonnez-vous à notre newsletter via ce formulaire.

| | Connexion | Inscription