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Cinéma
Anglet : « Le vrai du faux » au Mois du film documentaire © DR - Orson Welles, « Vérités et mensonges »

| ALC

Anglet : « Le vrai du faux » au Mois du film documentaire

Le Mois du film documentaire fête ses 20 ans cette année. Organisée par Images en bibliothèque, cette manifestation nationale permet à plus de 2 000 lieux d’action culturelle, éducative ou sociale de promouvoir le film documentaire sous toutes ses formes. À l’heure des fausses informations, des rumeurs et des cascades d’images retravaillées, l’édition 2019 propose une sélection éclectique de vrais ou faux documentaires.

Du 16 au 23 novembre, projections et rencontres rythmeront cette semaine organisée par la bibliothèque Quintaou. Le Mois du film documentaire, bibliothèque Quintaou (12, rue Albert le Barillier), entrée libre dans la limite des places disponibles / renseignements tél. 05 59 52 17 55 / bibliotheque@anglet.fr / Programme détaillé sur www.anglet.fr

Un Mois du film documentaire pour démêler le vrai du faux

Fabrique du consentement, illusions, vrai ou faux film ? Les réalisateurs Chris Marker, William Karel, Orson Welles, Frank Capra sont passés maîtres du genre. Que veulent nous montrer les images ? Quel sens leur donner et comment manipulent-elles l’opinion publique ? Autant de questions auxquelles cette édition du Mois du film documentaire se propose d’apporter des réponses. Fiction ou documentaire ? L’interrogation se pose d’emblée avec la projection de « L’Ambassade », film anonyme extrait du coffret Planète Chris Marker (mardi 19 novembre, 12h30). 

Propaganda : La fabrique du consentement de Jimmy Leipold s’intéresse à l’un des principaux théoriciens et techniciens de la persuasion de masse : Edward Bernays, que le magazine Life désignait comme l’une des 100 personnalités américaines les plus influentes du XX e siècle. Christophe Lamoure, professeur de philosophie, apporte son éclairage sur le succès de ces méthodes de propagande (mardi 19 novembre, 18h30).

Autre tentative de manipulation avec Opération Lune où le documentariste William Karel fait mine de démontrer que l’alunissage d’Apollo 11 n’était qu’une mise en scène commandée par Nixon à la CIA et filmée par Kubrick. Christophe Puyou, professeur de philosophie, invite à une interrogation ludique sur l’utilisation des images (mercredi 20 novembre, 18h30).

Durant la Seconde Guerre mondiale, le cinéaste Frank Capra va contribuer à définir une manière de faire de la propagande dont les règles sont toujours en vigueur. Il signe alors « Why We Fight », une série de sept films de propagande commandés par le gouvernement des États-Unis, dans le but de convaincre les soldats, puis l’ensemble de la population, du besoin de s’engager dans la guerre (vendredi 22 novembre, 12h30).

Un « documenteur » : c’est ainsi que le préhistorien Nicolas Teyssandier, chercheur au CNRS, qualifie le film « Le Fils de Neandertal » réalisé par Jacques Mitsch, où il est question de l’homme, de son évolution et d’un des grands mystères de notre passé ici révélé. La projection est suivie d’une rencontre avec le réalisateur (vendredi 22 novembre, 18h30).

Pour clôturer ce Mois du film documentaire, Orson Welles effectue un tour de magie avec F for Fake ! (Vérités et mensonges) qui traite de tricherie, de fraude, de mensonges. « Tout ce que vous verrez dans l’heure qui suit est absolument vrai », précise le réalisateur qui, rappelons-le, a débuté sa carrière par un énorme canular, son émission de radio d’après « La Guerre des mondes » qui affola les États-Unis. Projection suivie d’une rencontre avec Simon Blondeau, du cinéma L’Atalante de Bayonne (samedi 23 novembre, 15h30).

Un faux journal télévisé au programme d’Historéelles

Parcours d’initiation au cinéma documentaire coordonné par la réalisatrice Maiana Bidegain, « Historéelles » permet à un groupe de jeunes de réaliser des courts‐métrages, de l’écriture au montage des images. Cette année, avec pour objectif la réalisation d’un faux journal télévisé,

Historéelles devient Histo(non)réelles. Projection des films réalisés en ateliers le samedi 16 novembre à 15h30. Le vrai du faux spécial Ados, à partir de 12 ans. Ce qu’enregistre la caméra est-il automatiquement vrai ? À travers une sélection de films spécial Ados, trucages, jeux, travestissements ou tout simplement mise en scène du monde sont disséqués. Une projection

animée par Simon Blondeau du cinéma L’Atalante de Bayonne le mercredi 20 novembre à 15h30. 

Osera-t-on à ce propos rappeler au jeune public les extraordinaires bobards de ces dernières années : sans parler même de la guerre d’Irak et des mensonges des ministres américains à la tribune de l’ONU pour justifier son déclenchement, comment ne pas évoquer de l’OTAN qui fut au cœur d’une des plus grosses manipulations de la fin du siècle, comme l’écrivit « Le Monde diplomatique ». Cela se passait il y a vingt ans, relate le journal, le 24 mars 1999. Treize États-membres, dont la France, bombardent la République Fédérale de Yougoslavie. Une guerre justifiée par les gouvernements et médias occidentaux à partir de fausses informations. Auprès de l’opinion publique, on diffuse que les Serbes commettent un « génocide ». Le ministre de la Défense allemand, le social-démocrate Rudolph Scharping, prétend qu’ils 

« jouent au football avec des têtes coupées, dépècent des cadavres, arrachent les fœtus des femmes enceintes tuées et les font griller »

. Des « fakes news » comme on les appellerait aujourd’hui, reprises allègrement dans la presse et les discours politiques. Mais la plus grosse manipulation de ce conflit résidait dans le plan Potkova (« fer à cheval »), censé prouver la volonté des Serbes d’entamer l’épuration ethnique du Kosovo, et justifier de fait l’intensification des bombardements. Un document alors relayé par les gouvernements occidentaux et les médias les plus respectés, tel « Le Monde » dirigé à l'époque par Edwy Plenel. Or ce plan était un faux. Il avait été conçu par les Bulgares, désireux de rejoindre l’OTAN, et transmis aux Allemands. L’escroquerie sera révélée quelques mois plus tard, le 10 janvier 2000, par l’hebdomadaire germanique « Der Spiegel ». Mais la guerre était alors terminée depuis six mois et elle aura de lourdes conséquences humaines et géopolitiques qui pèsent encore aujourd'hui sur les relations internationales.

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