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Le Cinéma de la semaine
La critique de Jean Louis Requena
La critique de Jean Louis Requena

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La critique de Jean Louis Requena

The Climb - Film américain de Michael Angelo Covino – 94’
Deux cyclistes américains grimpent le col de Vence dans l’arrière-pays cannois. En difficulté, Kyle (Kyle Marvin) essoufflé se plaint de sa surcharge pondérale, de son peu de tonicité, tandis que son associé Mike (Michael Angelo Covino) plus léger, pédale sans difficulté. Amis depuis l’enfance, ils devisent de choses et d’autres … Tout à trac, au détour d’une phase, Kyle annonce à son ami qui le devance, qu’il va se marier prochainement avec Ava (Judith Godrèche). Mike tente de l’en dissuader et face aux dénégations de Mike, lui assène qu’il a jadis couché avec Ava. Stupeur, puis fureur de Kyle qui jetant toutes ses forces tente de rattraper Mike. Celui-ci arrivant au sommet du col amorce une descente vertigineuse qui se termine mal avec un chauffeur de « 2 chevaux Citroën » irascible …

C’est le long plan séquence d’ouverture de The Climb (La Montée) qui ouvre le premier chapitre du film qui en compte huit au total couvrant une quinzaine d’années de la vie de ces deux amis : Kyle un gentil, un peu balourd et naïf, Mike un emmerdeur, roublard et attachant. Autour de ce couple, au grè des saisons, tourne la famille de Kyle (Père, mère, sœurs, etc.), sa fiancée Marissa (Gayle Rankin) et divers personnages hauts en couleurs. Chaque chapitre, exposé chronologiquement, comporte une saynète d’exposition, un long plan séquence et une chute souvent inattendue, voire burlesque. Les dialogues sont ciselés par les deux auteurs/acteurs, Michael Angelo Covino (Mike) également réalisateur et Kyle Marvin (Kyle).

The Climb est le premier long métrage du jeune réalisateur Michael Angelo Covino (34 ans) qu’il a développé à partir d’un court métrage éponyme projeté au festival du film de Sundance (Utah) en 2018. Venu de l’univers de la publicité, comme tant de réalisateurs (l’anglais Ridley Scott, Le français Jean-Jacques Annaud, etc.) celui-ci maitrise le langage cinématographique : il alterne de courtes scènes (expositions, chutes) avec de longs plans séquences insérés entre celles-ci. Certains, à tort, ont comparé le jeune réalisateur à Woody Allen, mais rien n’est plus faux (hormis certains dialogues) car le newyorkais bâcle ses mises en scène (paresseuses) en s’appuyant, depuis des lustres, sur de grands chefs opérateurs (pour ses derniers opus : l’italien Vittorio Storaro, un orfèvre de la lumière) lesquels bonifient considérablement la narration visuelle. Dans The Climb chaque chapitre est structuré à la fois pour nous égarer dans un premier temps, puis nous ravir sur les conséquences souvent hilarantes, burlesques, de l’indéfectible amitié entre Kyle et son encombrant copain d’enfance, Mike.

Mikael Angelo Covino est un amoureux du cinéma français en général et de la Nouvelle Vague en particulier qui a nourri par sa radicalité (économie, scénarios, acteurs, etc.) tant de cinémas nationaux. Dans The Climb il y a du César et Rosalie (1972) de Claude Sautet (1924/2000) et un caméo Du Grand Amour (1969) de Pierre Étaix (1928/2016) récemment disparu considéré à juste titre par Mikael Angelo Covino comme « un réalisateur génial ».
The Climb a concouru dans la section « Un certain regard » au Festival de Cannes 2019. Il y a obtenu le Prix coup de cœur du jury ainsi que le Prix du jury au Festival du cinéma américain de Deauville la même année.

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